Parisian Laundry est heureuse de présenter Solar Anus, une exposition de groupe organisée par Melike Kara qui rassemble les œuvres de Violet Dennison, Tiril Hasselknippe, Melike Kara, et Maia Ruth Lee.
 
L’exposition tire son nom d’un essai de Georges Bataille dans lequel le concept à la fois déroutant et éclairant de l’anus solaire repose sur l’idée d’un mouvement circulaire continuel, de la métamorphose, et de ce qui demeure impossible à contempler. Les écrits de Bataille, ancrés dans la transgression, rassemblent des concepts éloignés tels que l’histoire de l’art, l’anthropologie, la consommation, le mysticisme, que l'écrivain relie au paradoxe érotique de l’état psychologique de l’humanité. L’expression d’anus solaire est un exemple parfait de la manière dont Bataille connecte, à travers la forme, les réalités physiques cosmiques de l’univers à notre propre état physiologique.
 
Dans la même veine, les artistes présentes dans l’exposition produisent des œuvres au croisement de la forme pure et du corporel, invitant à l’interprétation tout en y résistant.
 
Violet Dennison investigue la paranoïa, le pouvoir et l’expression de soi en lien avec notre monde écologiquement et technologiquement instable. Sa projection, Le Soleil, est l’œuvre la plus évocatrice du titre de l’exposition, utilisant un projecteur Gobo pour créer le « mouvement continu circulaire » décrit dans l’essai de Bataille.
 
Les figures somptueusement expressionnistes de Melike Kara sont chargées d’une volonté d’exprimer une énergie émotionnelle et psychologique à travers le geste. La vidéo Emine présente sa grand-mère kurde alévi se déplaçant fébrilement dans son appartement alors que la maladie d’Alzheimer efface progressivement son identité et sa langue. Avec cette perte, c’est aussi une partie de l’histoire familiale et de leur relation à la Turquie et à la langue Zazaki qui disparait également.
 
Les Bondage Baggages de Maia Ruth Lee sont des formes basées sur l’observation de l’aéroport international de Katmandu faite par l’artiste au cours des dernières années. Un tiers du PIB du Népal provient des travailleurs népalais émigrés. À leur retour au pays, les travailleurs rapportent régulièrement des biens de valeurs, camouflés d’une manière originale pour les protéger du vol à l’aéroport. Les cordes et les nœuds sont conçus pour échapper aux regards et évoquent les moyens avec lesquels les forces économiques et politiques sont appréhendées à l’échelle individuelle à l’aide des mains, de la corde, de ce qui est disponible. 
 
La ville elliptique de Tiril Hasselknippe est construite comme un cadran solaire où les ombres créées par le soleil informent les habitants du temps qui passe. La sculpture en acier conjure l’empreinte de corps célestes tout en existant dans un état lourd et élémentaire où le progrès et le développement se déplacent en ellipse devenant ainsi circulaires. Les œuvres de Hasselknippe présentent une qualité palpable anti-monumentale, les matériaux étant à la fois solides et friables, quelque part entre la corrosion et l’immuable.
 
Collectivement, les œuvres exposées supportent une constellation d’idées, reliant la réalité physique fixe à l’état plus nébuleux et mouvant de nos relations avec notre prochain. Comme pour l’anus solaire, on y retrouve l’écho de la forme imprégnée de paradoxes.

Artiste basée à New York, Violet Dennison (née en 1989, Bridgeport, CT) a reçu son BFA de la New York University (NYC, NY) et son MFA du Bard College (Annandale-on-Hudson, NY). Son travail a été exposé à Carl Kostyal (Stockholm, SE); Ramiken Crucible (NYC, USA); Union Pacific (Londres, GB) et David Zwirner (NYC, USA). Dennison a participé à la Triennale 2018 du New Museum (NYC, USA) et a récemment présenté des expositions solos au Kunstverein Freiburg (Freiburg, DE), Kunsthalle Stavanger (Stavanger, NO) et à Jan Kaps (Cologne, DE). Elle est représentée par Jan Kaps, Cologne.

Tiril Hasselknippe (née en 1984, Arendal, Norvège) vit et travaille à New York (USA). Elle détient un BFA et un MFA de Malmö Konsthögskola (Suède). Elle a également étudié à la Cooper Union School of Art (NYC, USA). Hasselknippe a récemment exposé en solo au Kunstnerforbundet (Oslo, NO); à Magenta Plains (NYC, USA); au Kunstverein Braunschweig (Braunschweig, DE); au Tranen Contemporary Art Center (Hellerup, DK); et à DREI (Cologne, DE). Elle a également participé à de nombreuses expositions de groupe et son travail a été inclus dans la Triennale 2018 du New Museum (NYC, USA). Elle est représentée par DREI, Cologne et Magenta Plains, New York.

Basée à Cologne, Melike Kara (née en 1985, Bensberg, Allemagne) a étudié à la Düsseldorf Art Academy (Allemagne). Elle a récemment exposée en solo au Witte de With Center for Contemporary Art (Rotterdam, NL); à Arcadia Missa (London, UK); au Yuz Museum (Shanghai, CN); à Jan Kaps (Cologne, DE); et à Peres Projects (Berlin, DE). Son travail a été presenté lors d’expositions de groupe au Dortmunder Kunstverein (Dortmund, DE); à LC QUEISSER (Tbilisi, GE); à White Columns (NYC, USA); à Tanya Leighton (Berlin, DE); et à la David Roberts Art Foundation (Londres, GB). Sa première exposition solo aux États-Unis ouvre en septembre à Salon 94 (NYC, USA). Elle est représentée par Peres Projects, Berlin et Jan Kaps, Cologne.

Maia Ruth Lee (née en 1983 à Busan, Corée du Sud) vit et travaille à New York (USA). Elle détient un BFA de la Hong Ik University (Séoul, KR) et a étudié au Emily Carr Institute of Art and Design (Vancouver, B.C.). Elle a reçu la bourse Rema Hort Mann en 2017. Son travail a été exposé à Eli Ping Frances Perkins (NYC, USA); Jack Hanley Gallery (NYC, USA); CANADA gallery (NYC, USA); Salon 94 (NYC, USA); et Roberts & Tilton Gallery (L.A., USA). Lee fait actuellement partie de la Whitney Biennial 2019, Whitney Museum of American Art (NYC, USA). Maia Ruth Lee est la directrice de Wide Rainbow, un programme artistique parascolaire non-lucratif.